L'histoire de Trets, pendant la 1ère Guerre Mondiale de 14/18

   

Après être revenu sur l'histoire de Trets pendant la seconde Guerre Mondiale, revenons sur la Première, celle de 14 /18. Une guerre terrible dans laquelle plus de 60 millions de soldats y ont pris part dont des centaines de tretsois et fait environ 9 millions de morts (dont 85 tretsois) et environ 20 millions de blessées. Si les combats ne se sont pas déroulés dans la région, les familles ont beaucoup souffert et les conséquences sur la vie de tous les jours se sont fait ressentir.

 

1914

L'étincelle qui provoqua la guerre survint le 28 juin 1914, lorsqu'un jeune nationaliste serbe de Bosnie, Gavrilo Princip, parvint à assassiner l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, et son épouse. Les exigences de vengeance de l'Autriche-Hongrie (fortement encouragée par l'Allemagne) à l'encontre du Royaume de Serbie menèrent à l'activation d'une série d'alliances qui obligèrent plusieurs puissances européennes à s'engager sur la voie de la guerre. Plusieurs de ces nations étaient à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents, ce qui explique la portée mondiale du conflit.

 

C'est le 1er aout 1914 à 16h que la France entre en guerre et lance alors l'appel à la Mobilisation nationale, période à laquelle le pays est en pleine moisson et ne pense pas à la guerre. Ce jour là comme partout en France l'église Notre Dame de Nazareth sonne le tocsin, stoppant les gestes pacifiques des moissonneurs au milieu des blés d'or. Notre commune comptait alors environ 2700 habitants. Les français et les allemands espèrent à ce moment que la guerre sera courte et pensent être de retour pour finir les vendanges ou à la Noël...

Chaque départ des combattants tretsois se fera place de la gare, où une grande partie de la population était alors rassemblée. la mobilisation s'effectuant dans l'ordre le plus parfait. Les mobilisés, dont 8 conseillers municipaux (Mrs  Moutet, Jean Baptiste, Michel François, Jatteaux, Jules, Bailles, François, Gastinel Jean, Bouisson Elie, Fabre Fernand et Doudon Jules), prenant le train en direction de centres de regroupements des 15e Corps à Marseille, Toulon, Martigues ou Digne.

Dès le début de la mobilisation dans le village, la vie n'a pas été suspendue et les affaires municipales ont été gérées par les élus restants dont le maire Barthélémy Aubert. Ils ont été aidés par les fonctionnaires et un certain nombre de citoyens dévoués pendant ces moments difficiles.

Par ailleurs dès le début de la mobilisation, de nombreux ouvriers — dont la majeure partie comprenait des Italiens — se sont présentés à la mairie, demandant du travail.


Dans les campagnes, la rentrée des récoltes a été assurée par les familles, femmes et enfants ayant achevé le travail commencé par le père ou le frère. Par contre, les travaux d'édification de la première cave coopérative vinicole des Bouches-du-Rhône, (l'actuel cave Lou Bassaquet) qui allait être construite à Trets, furent stoppés... et ne reprendront qu'après le conflit. Trets étant une terre viticole, les vendanges ont été assurées en grande partie par les  femmes et les enfants et fin octobre les cuves étaient pleines d'un bon vin, fruit d'un été chaud

A cette époque Trets était une grande cité minière, la France allait avoir besoin de charbon, et son extraction devenait une industrie stratégique ! Or, tous les jeunes valides étaient mobilisés : près de 110 mineurs tretsois avaient quitté le fond des galeries et les berlines. Le comité central des houillères fut chargé de diriger les immigrés se présentant aux frontières vers les industries les plus affectées par la mobilisation. C'est ainsi qu'entre 1915 et 1919, la mairie de Trets enregistra l'installation de 45 Espagnols, 31 Italiens et 1 Belge et que la production put atteindre 106 650 tonnes en 1916 et 135 807 en 1918.

 

1914 enregistra très vite ses premiers morts, dont la majorité n'avaient qu'une vingtaine d'années. Roger Félicien Reynaud sera le premier, mort à Audincourt-Malcancourt dans la Meuse. Germain Thibaud lui mourra à Dieuse à l'age de 21ans. Le 3e décédé dans cette bataille de Lorraine sera le maitre d'école Albert Jérome Allemand, membre du 111e régiment d'Antibes, blessé le 19 aout, lors de la bataille et capturé par les allemands, il fut emmené dans un camp en Allemagne près de Munich et mourra le 21 novembre. Victor Teissere directeur publique de l'école des garçons de Trets lui rendra alors hommage le 18 décembre 1914 à 8h devant les élèves, lui qui avait été nommé en 1910.

Un autre tretsois Emile Ganteaume, a été porté disparu lors des combats de Bidestroff, le 20 aout alors qu'il n'avait que 26ans.

Lors de la Bataille de la Marne, fin aout 1914 de nombreux tretsois trouveront aussi la mort, âgés de 25ans en moyenne. A la fin de l'année Trets comptait déjà 19 morts, cinq mois à peine après le début du conflit.

Pendant ce temps, sur la commune, un grand élan de solidarité s'est emparé de tout le village. Un comité constitué autour du maire a organisé de nombreuses journées de quêtes publiques. A l'église, tous les lundis, une quête est réalisée pour l'œuvre des soldats blessés. Grace à cet argent récolté des colis sont ainsi expédiés aux poilus, leur fournissant chaussettes, passe-montagnes, mouchoirs, pansements et même des draps. Le 15 mars 1915, cette souscription aura déjà rapporté 2 376.95 francs.

1915

En 1915, 21 jeunes tretsois trouvèrent à nouveau la mort dans les tranchées du Nord de la France. Un tretsois dans une lettre envoyée à ses proches décrit des conditions de vie très dures, racontant en détails ses nuits dehors, sur la terre comme simple lit envahi par les poux.

La Bataille des Dardanelles entre 1915 et 1916 fera 27 000 morts dont 2 tretsois Victor Baille 32ans et Jean Joffre 35ans brigadier de gendarmerie. La bataille de Flirey en Meurthe-et-Moselle en 1915 elle a vu la perte de 5 tretsois.

 

 

1916

1916, verra le décès de 22 tretsois. La commune aura ainsi perdu déjà 65 des siens. Une année marquée par la terrible bataille de Verdun avec ses déluges d'obus. Les ordres aux poilus étaient de ne pas lâcher un pouce de cette terre d'enfer où les conditions étaient inhumaines pour les soldats. 70% des poilus seront ainsi passés par rotation sur ces terres dévastées. Une bataille sanglante qui dura 300 jours et qui se terminera par la victoire des français mais fit au total 714 000 blessés, morts ou disparus dont de très nombreux tretsois (Toussaint Burles, Félicien Pinatel, Marius Deloute, Barthélémy Giraudau, André Burles, Amaël Barges, Augustin Penat).

La bataille de la Somme en 1916 elle aussi verra l'arrivée des premiers tanks, mais fera 7 morts dans les rangs tretsois. 5 autres seront décédés dans les combats entre les Vosges et Lorraine.

1917

En 1917, une dizaine d'habitants de la commune trouveront la mort dans les combats, une accumulation de décès qui touchera fortement le moral des tretsois et français qui trouvent que la guerre a bien trop duré avec son cortège de mères brisées, de jeunes mariées déjà veuves et vieillies, d'enfants qui ne connaitront jamais leur père... L'angoisse de voir le maire ou les gendarmes débarquer à la maison pour annoncer une mauvaise nouvelle est forte et stressante pour les habitants. De plus la vie économique est difficile pour les familles, touchées par de fortes hausses des prix et des restrictions. Le lait passant ainsi de 40centimes à 1 franc, le riz augmentera de 180%, les œufs, les lentilles ou l'huile verront leurs prix doublés etc

Lors des batailles sur le chemin des Dames, 3 tretsois : Nicolas Baux, Léandre Tassy, Désiré Isoard trouveront la mort pendant ces six mois de combat. Une année qui verra l'entrée en guerre des américains et qui sera celle de la Révolution russe avec la capitulation du gouvernement bolchévique le 3 décembre.

1918

En 1918, la dernière année du conflit coutera la vie à encore 10 tretsois. Les Alliés lancent de nombreuses offensives pour battre l'ennemi , des batailles qui porteront leurs fruits, les allemands seront obligés de se replier et c'est la fin du conflit.  Au cours de ces dernières offensives 3 tretsois perdront la vie : Paul Decomis, Aimé Esprit, Martial Michel. L'offensive finale aura lieu le 8 aout, jour où Paul Michel tombe au champ d'honneur. D'autres suivront les mois suivants : Honoré Laville, Félicien Bonfillon , Baptistin Michel & Louis Emeric en octobre.

L'Armistice sera signé le 11 novembre à Rotondes et effectif à 11h, les cloches se mettront alors à sonner à Trets comme ailleurs la fin de la guerre. Mais hélas 3 soldats blessés ou malades ne reviendront jamais malgré la fin de la guerre.

Pour rendre hommage à ces 85 disparus un monument aux morts sera édifié place de la mairie dès 1921 en récoltant de l'argent via de nombreuses souscriptions.

Sources : causerie des Amis du village du 18 Octobre 2014

 

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