L'Histoire de la Libération de Trets
le 20 août 1944

 

 

Maquis de Saint-Jean-du-Puy
Ses origines
Ce groupe de Résistance a été formé le 1er mars 1944 à la suite d'une visite du major britannique Roger Burdett alias "René Firmin". Dans les semaines qui suivent, des tracts sont distribués, des volontaires recrutés. Leur instruction, assurée par Louis Deleuil, connu seulement sous le pseudonyme "Louis", s'effectue dans la salle du Casino-Cinéma. Ce dernier a commandé le maquis de St Jean en tant que Lieutenant  des FFI du 1er Mai 1942 au 31 aout 1944, puis fut engagé volontaire pour la fin de la guerre du 1 septembre 1944 au 23e RCI.

Marius Bastard, le propriétaire, est aussi l'un des responsables du groupe. Les hommes apprennent à manier les armes anglaises et à connaître les explosifs.

Trets comptait en 1944, environ 2500 habitants.

=> Toute l'histoire du Maquis de St Jean du Puy à lire ici

 

Premier parachutage
Dans la nuit du 29 mars 1944, le maquis reçoit son premier parachutage pour le compte du maquis du Plan d'Aups. A 21 heures, la radio de Londres avertit : "Le beau trèfle à quatre feuilles sera bientôt pris". Dès réception du message, les hommes désignés : Paul Boyer, Justin Richaud, les frères Deleuil, prennent individuellement et par des itinéraires différents le chemin de Kirbon et plus précisément du champ "des oliviers de Tardives". A 1 heure du matin, l'avion anglais, après avoir répondu aux signaux convenus, largue quinze containers. Il faut, avant la fin de la nuit, cacher le contenu, armes et munitions, aux endroits déterminés. Cette mission ne se déroule pas sans danger, puisque, à peu de distance, 1,5 km à peine à vol d'oiseau, des Allemands sont postés au pic du Régagnas. Intrigués par les bruits de l'avion, ceux-ci lancent à plusieurs reprises des fusées éclairantes, obligeant chaque fois les gars à piquer un plat ventre.

Du plan d'Aups à Trets
Les armes et munitions réceptionnées, qui étaient destinées aux patriotes marseillais du maquis du Plan d'Aups, leur furent livrées le 7 avril avec un camion à gazogène.
Le 10 juin 1944, les Allemands attaquent et détruisent le maquis du Plan d'Aups. Les rares survivants, dont Louis Deleuil, doivent abandonner les lieux. Il est alors décidé d'un nouveau point de rassemblement : Saint-Jean-du-Puy. Louis Deleuil, activement recherché, entre dans la clandestinité avec deux compagnons d'armes traqués comme lui – les camarades Blanc et Giniez – et il reçoit le commandement du maquis. Avec Marius Bastard et Patrice Boyer, ils conviennent de changer le lieu des parachutages et de réception. Leur choix se porte sur les collines de l'Olympe, au Perdu.

Les restes d'un container de parachutage
Le 5 juillet, nouveau message "La vieille momie a pris un coup de froid". Dix-huit containers sont largués. Entre 23 heures et 3 heures du matin, les armes et munitions parachutées sont réparties dans des sacs et transportées dans une grotte, véritable nid d'aigle, située sur le flanc abrupt du nord de l'Olympe. Les hommes font la chaîne, attachés par les cordes des parachutes et suspendus dans le vide.
Dans la nuit du 19 au 20 juillet, cinq nouveaux containers sont réceptionnés sans problèmes.

Quinze containers et trois caisses de chaussures anglaises composeront un dernier envoi. Après ces parachutages, le maquis est en possession de 46 fusils Mauser (9 165 cartouches),11 FM 24-29, 120 chargeurs (25 918 cartouches),70 Long Brauch (13 200 cartouches), 28 mitraillettes Sten, 140 chargeurs (9 000 cartouches), mitrailleuses Hotchkiss, 25 bandes chargeurs, 398 grenades défensives, 3 mortiers lance-grenades (50 grenades), 8 cylindres explosifs, 47 paires de chaussures.

A Saint-Jean

Le 12 août 1944, les chefs de groupe reçoivent l'ordre de rejoindre le maquis. Le lendemain, des patriotes de Saint-Zacharie arrivent à Saint-Jean; 108 résistants sont présents sur les lieux pour commencer la guérilla.
Le 14 août, au cours d'un combat aérien, un chasseur américain est abattu à la verticale de la Jolie. Le pilote, Robert O’Neil , est recueilli et soigné par les patriotes. Deux jours plus tard, Roger Huchedé et dix hommes capturent les Allemands en poste à l'observatoire du Pic du Régagnas. Cette prise permet de récupérer 1 000 litres d'essence, des caisses de vivres et quelques armes.

Le 17 août, sur la route nationale 8 bis, à hauteur de La Neuve, le commandant Pierre Carretier et
18 hommes attaquent un convoi ennemi et prennent les Allemands en tenaille : Louis Orgnon, Jean Astruc et Henri Comino lancent des grenades Gammon alors que Julien Castillon et Emile Resplandin servent un fusil mitrailleur. Un camion de munitions est détruit et 15 soldats allemands sont tués.

Au retour, le commandant Carretier, Jean  Willig et les frères Deleuil attaquent et détruisent une voiture conduisant des officiers supérieurs.  Le lendemain, Louis Deleuil, Sauveur Basso,  Marcel et Désiré Puccinelli, Fernand Martin, Lucien Tavernier, Ernest Guichard et Elie Bernardi dressent une embuscade sur la RN 7 et attaquent un camion allemand. Les patriotes se dirigent ensuite vers La Neuve. Ils savent que dans le pavillon de chasse se trouvent des soldats ennemis. Marcel Puccinelli ouvre brusquement la porte. Il tient une grenade en main. Surpris, les 8 Allemands ne tentent rien et se rendent.


La libération
Dans la matinée du 20 août, la jonction avec les troupes américaines est réalisée. Des canadiens entrèrent dans Trets sur des Jeeps, l anouvelle se répandit très vite  et des dizaines de drapeaux tricolores surgirent de nulle part. A 8h la libération est confirmée, l'ancien maire Mr Joly est reconduit dans ses fonctions, un cortège se forme dans toutes les rues en chantant la Marseillaise, et rejoint la place de la gare mais aussi la place de la mairie où une minute de silence sera observée, le maire félicitera la population pour son comportement durant cette période. Les places étaient envahies de jeeps, camions, canons etc... Les tretsois riaient, pleuraient, chantaient... Les soldats eux distribuaient bonbons, chocolat, cigarettes, lait concentré, les tretsois eux leur offrirent du vin. Le soir un bal fut improvisé sur le cours.

L'après-midi, Louis Deleuil et vingt-cinq hommes, au cours d'une patrouille de nettoyage dans les bois de Puyloubier, font cinquante prisonniers, après  un court combat et saisissent un important matériel. Le surlendemain, une patrouille de nettoyage capture encore 76 ennemis dans les bois de La Combe. Dans la nuit, 2SS sont abattus alors qu'ils tentaient de s'évader.

Le 24 août, sous le commandement de Louis Deleuil et de Roger Huchedé, 50 volontaires partent pour participer à La Libération de Marseille. Ces hommes mèneront des combats de rues et s'empareront du fort du Merlan.  Le 26 août, le maquis de Saint-Jean-du-Puy est  dissous, les maquisards sont renvoyés dans leurs foyers. Les armes sont versées à la gendarmerie.

Lors de la dissolution du maquis, 30 de ses membres suivront Louis Deleuil et incorporeront le Bataillon de Provence pour ainsi continuer le combat de libération de la France jusqu'à la capitulation de l'Allemagne. Louis Deleuil fut titulaire, avec entre autres décorations, une anglaise pour bravoure.


20 AOÛT 1944 : LE RECIT DE LA LIBÉRATION DE TRETS
Dès le 14 août 1944, l'aviation alliée, traquant les convois allemands, se manifeste par un bombardement du carreau de la mine qui coûte la vie à un Tretsois, Paul Reynaud. Ce jour là un pilote américain le Lieutenant O’Neil de l’US Air Force sera abattu par la chasse allemande dans les Bois de la Jolie, par chance il sera alors recueilli par les Résistants du Maquis de St Jean du Puy. En guise de remerciements il offrira son étui de colt 44 à Louis Deleuil afin "qu'il est plus l'air d'un chef car jusque là il le portait dans sa ceinture" dira t'il.

Les mitraillages et bombardements visant les axes de communication ont également fait une autre victime tretsoise, Louis Durbesson, continuent les jours suivants. Des convois allemands stationnent pendant la journée sous les platanes de la place de la Gare qui constituent un camouflage précaire, faisant courir un risque certain à la population. A tel point que les habitants de Trets désertent le village et se réfugient aux alentours, essentiellement dans les cabanons où ils doivent déployer des trésors d'ingéniosité pour assurer leur subsistance.
Les premiers contacts avec les troupes américaines qui ont débarqué sur les côtes varoises le 15 août, ont lieu dans la matinée du 20 août au quartier de Mauvan, commune de Puyloubier. Officiellement, le 20 août 1944 est reconnu comme date de la libération de Trets, ainsi que le confirme l'extrait du registre des délibérations du conseil municipal reproduit ci-après. Il est alors 10 heures.

"Le Comité de Libération créé clandestinement en mars 1944 se réunit ce jour, 20 août 1944, pour la première fois en mairie de Trets. Le Comité est composé de MM. Joly Marius, ancien conseiller général, ancien maire de Trets et représentant du Parti SFIO; Richard Antoine, représentant la Ligue des Droits de l'Homme; Nègre Marius, représentant le syndicat des mineurs, Chaullet Auguste et Mouttet Gabriel, représentant le Parti Communiste ; Michel Marius, représentant les prisonniers de guerre et Montagnac Edouard du Front National.
Nous vivons aujourd'hui une des plus belles journées de notre histoire locale. Trets vient d'être libéré par l'armée américaine du joug de l'envahisseur. Le boche a disparu. La population avide de nos chères libertés manifeste librement son immense joie. Les drapeaux tricolores et les drapeaux aux couleurs alliées, depuis cinq ans enfermés, flottent au vent. Un cortège se forme et se rend à la maison de M. Joly Marius pour l'inviter à- venir reprendre le fauteuil de maire. Drapeaux en tête, au chant ininterrompu de la Marseillaise, le cortège avance, grossit. Place de la gare, avenue Jean Jaurès, boulevard de la République, la foule en délire acclame et se joint au cortège. Manifestation émouvante et grandiose.
Arrivé à la mairie pavoisée aux couleurs alliées, M. Joly apparaît au balcon entouré des membres du Comité de Libération et des chefs de groupe de la résistance FFI. Une ovation formidable retentit, ensuite c'est la Marseillaise chantée par une foule en délire. Une minute de recueillement est observée pour nos morts, puis M. Joly, la voix légèrement troublée par l'émotion mais avec des paroles venant du cœur, remercie la population, fait un appel au calme, réprouvant toute vengeance individuelle, et termine par ces mots : "Vivent les Alliés. Vive De Gaulle. Vive La République. Vive La France. "
Dans les jours qui suivent, un drame vient assombrir cette joie. Un obus tiré accidentellement heurte la façade du café des Arts (actuellement le magasin Coop) sur le boulevard de la République, et ses éclats atteignent mortellement deux passants, Augustin Bouteille et Peloutier, dit "Pocardy".

Pour l'histoire, en 2005, le jour de la libération le 20 aout les filles du pilote américain O’Neil viendront en pèlerinage à Trets
 

Récits, textes, photos extraits du livre très complet et documenté : Regards sur Trets publié par
l'association :  Les Amis du Village ; que vous
pouvez vous procurez dans toutes les librairies de la commune de Trets

=> La guerre d'Antonin, FFI de Trets

=>2 tretsois reviennent sur un fait marquant de l'histoire tretsoise de l'été 44, dans un docu sur France3 (vidéo)

=>La vie au maquis de St Jean du Puy, racontée par Auguste Deleuil

=> Retour sur le bombardement de Trets du 14 Aout 1944

=> Marcel Puccinelli raconte les grands moments de l'été 44

=> Auguste Deleuil ancien résistant tretsois raconte son combat au maquis

=> Retour, sur le le 1er anniversaire du Maquis de St Jean du Puy

=> Joe Ronsmans Davray raconte sa 2e Guerre Mondiale : "Je voulais manger du nazi"

 

 

Témoignages sur la journée du 17 Juin 1944, où la population avait été rassemblée par les allemands, place de la gare

Témoignage d'une personne qui a vécu la journée du 17 Juin 1944, lorsque les allemands ont fouillé la cité de fond en comble, en réunissant toute la population place de la gare, à la recherche d'armes et d'un pilote. Les allemands ne trouveront rien finalement, le maire de l'époque Mr Giudicelli jura sur l'honneur à l'occupant qu'il n'y avait pas d'armes de cachées, ce qui était évidemment faux. Elles étaient en fait d'après ce qui se dit, sous la scène du cinéma casino. Ce témoignage est extrait d'un site personnel que vous pouvez consulter ici :

Voici des souvenirs très personnels de cette journée mémorable. 

Nous aussi nous étions à Trets ce 17 juin 1944. Mon père qui voulait échapper au Service du Travail Obligatoire en Allemagne y avait trouvé un logement pour la famille, ma mère, ma sœur et moi. Mon frère était absent puisqu’il avait joint le maquis en Haute Savoie dans la région du plateau des Glières (Deuxième Régiment des Glières). J’avais treize ans à l’époque et je me souviens très bien de cet événement. Notre logement se trouvait à un premier étage sur la rue Félix Pyat très près de la porte de Pourrières. Une fenêtre donnait sur une petite cour intérieure où nos amis d’en bas élevaient… une grosse truie. C’était une jeune famille avec un petit bébé. Le mari que nous connaissions de Marseille était dans le transport de bois et nous emmenait à Trets dans son camion à gazogène. Une autre fenêtre donnait sur la rue qui s’élargissait en forme de triangle et où le garde champêtre (qui était donc comme je l’apprends dans son témoignage l’oncle de Francis Maurin !) s’arrêtait pour faire ses annonces après un roulement de tambour.

Ce matin-là l’annonce fut à peu près ainsi : « Les autorités allemandes ordonnent à Monsieur le Maire de communiquer à toute la population de Trets qu’elle doit se rassembler immédiatement dans la place de la gare avec quarante huit heures de vivres. Toutes vos demeures doivent être laissées avec portes grande ouvertes »

Nous savions que des containers avaient été parachutés dans la région et que les Allemands avaient évidemment l’intention de les récupérer. C’est donc avec appréhension que nous nous sommes rassemblés autour du kiosque à musique. Notre bon maire le docteur Giudicelli était là en grande discussion avec un homme en blouson de cuir et un officier allemand, commandant d’un régiment en position autour de la place. Ces soldats avaient l’air menaçants. Il y en avait un en moto et side-car qui allait à toute allure d’un bout à l’autre de la rue opposée au kiosque. A cause d’un léger mouvement de foule quelques coups de feu furent mêmes tirés pour nous effrayer. Cela suffit pour nous figer sur place.

J’admirais le docteur Giudicelli car il m’avait guéri d’une grave maladie. Il portait fièrement sur sa poitrine toutes ses médailles de la Première Guerre. Du kiosque, il s’adressa aux villageois de la façon suivante : «Le commandant allemand, lui aussi ancien combattant de la guerre 14-18, m’a assuré que rien ne vous sera fait si vous lui divulguer toute présence d’armes dans notre village » Un grand brouhaha de voix s’ensuivit. Beaucoup de questions furent posées, plusieurs assez anodines comme : « Nous avons un vieux fusil de chasse qui appartenait à notre grand-père » ou bien encore « Faut-il déclarer un sabre ? ». Il faisait très chaud. L’ombre des platanes offrait un soulagement insuffisant. Les heures s’écoulaient d’une lenteur insupportable. Finalement les mots tant attendus « Vous pouvez rentrer ! » Il fallut passer sous l’œil des occupants. Je ne pus éviter à ce moment de remarquer le visage inquiet de mon père. Je l’entendit murmurer quelque chose à notre voisine d’en bas. Elle avait son bébé dans sa poussette et du coin de l’œil je la vis glisser sous le matelas quelque chose que mon père venait juste de lui passer. Plus tard j’appris que c’était un revolver. Je ne me souviens plus du nom de notre voisine mais c’était certainement un geste courageux qui aurait pu mal tourner. 

Après cet événement et pour échapper à tout contrôle nous nous sommes réfugiés dans une vieille grange dans les Monts Auréliens entre Trets et Saint Zacharie. Il y avait avec nous une demi douzaine de réfractaires. La situation n’était pas fameuse mais nous avions une vue imprenable sur le Mont Sainte Victoire. Ce n’est que bien, bien plus tard que j’appris qu’un certain Cézanne en avait admiré sa beauté un demi siècle avant nous ! Mon père a gardé son arme jusqu'après la Libération, heureusement il n’a pas eu à s’en servir.

 

Témoignage de Martoune Richard-Tassons , dans le livre "Histoires de tretsois, paroles de bassaquets"

"Juin 1944, mes parents sont à la campagne, à 7 km du village où ils travaillent aux champs. lis dorment souvent à la bastide et les aller-retour au village se font à vélo. Moi, je reste avec ma mémé et son fils célibataire, mon oncle Marius Laugier, dit Cartouche. Mon père est entré très tôt en résistance contre l'envahisseur et mon oncle est son second. Depuis quelques semaines, un charretier nous livrait des sacs de farine, de pois cassés... destinés au maquis du Puits d Auzon.
Le matin je découvrai avec surprise ces sacs dans le couloir La nuit d'après : remise ouverte, des pas, charretier, cheval, charrette, remise fermée... et la précieuse cargaison avait disparu.
Aussi, le 17 juin, à 8 heures, à mon départ pour l'école, pas de surprise : des sacs de nourriture et des sacs de munitions (petites balles] sont là...
Mais ce samedi, la place de ta gare était remplie d'Allemands armés ; des camions bâchés avec des mitrailleuses à l'intérieur avaient pris position. L'ordre était donné que personne n'entre et ne sorte de Trets. Toutes les issues étaient gardées par des soldats. Nous étions prisonniers dans notre village I Je pars à lérots de filles, rue Victor Hugo, où je retrouve trois copines. Arrive la directrice, madame Gaudin. Elle nous embrasse et nous recommande de retourner chez nous, d'être sages et de bien écouter nos parents. Étonnement et surprise pour nous quatre. Mme Gaudin ne nous avait pas habituées à autant de gentillesse . l'heure était donc grave ! En même temps, elle épingle une feuille de papier sur la porte : « Pas d école aujourd'hui. »
Je retourne à la maison où je retrouve les fameux sacs et là, nous apprenons que nous devons quitter nos maisons et nous rendre place de la Gare.
Les portes doivent être laissées ouvertes, afin que les maisons puissent être fouillées !
Nos sacs étaient toujours là, et mon oncle décrète: « Nous devons nous débarrasser à tout prix de ces sacs compromettants et nous allons verser le contenu dans le vidoir des cabinets publics, derrière la maison ». [aujourd'hui rue Dominique Girodo]. La ronde des seaux commence : les nôtres, auxquels s'ajoutent les tinettes quotidiennes des dames du village... Bientôt le vidoir déborde de toutes parts. Mous devons tout arrêter ! Mon oncle décide alors de retirer la paille et le foin en réserve pour la nourriture du cheval et de cacher les restes des sacs plus les douilles et de remettre la paille par dessus. On arrange bien le tas et ouf, nous avons enfin terminé. Alors nous partons bien sagement, mémé, tonton Moi, avec des petits sacs contenant nos papiers, les sous, nos photos et un morceau de pain, rejoindre ans autres Tretsois sur la place, Pendant ce temps, mes parents se trouvent toujours à la campagne. Mais lorsque ma mère apprit la nouvelle, elle a sauté sur son vélo pour descendre au village. Au quartier des Moulins, les soldats l'ont arrêtée et ne voulaient pas la laisser passer. Elle les a suppliés d'aller chercher le maire, qui était médecin. Lorsque celui-ci est arrivé, il a conseillé à ma mère " Partez vite, nous ne savons pas ce qui va arriver ! » - « Mais je ne peux pas docteur, je veux être aux côtés de ma fille, de ma mère et de mon frère ! » - « Laissez passer cette femme l » a alors dit le docteur aux soldats armés. Deux d'entre eux ont alors escorté ma mère jusqu'à la place de la Gare, où elle nous a retrouvés avec soulagement."


Témoignage de François Di Gregorio
, dans le livre "Histoires de tretsois, paroles de bassaquets"
" J'avais 13 ans et je me souviens très bien de [événement. Le garde champêtre s'était arrêté devant chez nous, dans la rue Félix Pyat, et après un roulement de tambour, il annonça : « Les autorités allemandes ordonnent à Monsieur le Maire de communiquer à la population de Trets quelle doit se rassembler immédiatement place de la Gare avec des vivres pour 48 h. Toutes les demeures doivent être laissées portes grandes ouvertes,»
Place de la Gare, notre bon maire était en grande discussion avec un homme en blouson de cuir et un officier allemand qui commandait un régiment en position autour de la place. Ces soldats avaient un air menaçant. il y en avait un sur un side-car qui allait et venait à toute allure d'un bout à l'autre de la place. Suite à un léger mouvement de foule, quelques coups de feu furent même tirés pour nous effrayer Cela suffit pour nous figer sur place.
Le maire, qui portait fièrement ses médailles de la première guerre, s'adressa aux villageois « Le commandant allemand, lui aussi ancien combattant de la guerre de 14-18, m'a assuré que rien ne vous sera fait si vous divulguez toute présence d armes dans notre village. »
Ensuite les heures se sont écoutées avec une lenteur insupportable. Finalement, les mots tant attendus sont arrivés: « Vous pouvez rentrer chez vous. » A ce moment-là, j'entendis mon père murmurer quelque chose à notre voisine. Elle avait son bébé dans sa poussette et, du coin de l'oeil, je la vis glisser quelque chose que mon père venait de lui passer. Plus tard, j'appris que c'était un revolver"

 


Témoignage d'un résistant, dans le Journal LA PROVENCE du Mercredi 19 Aout 2009

 

Témoignage d'une tretsoise qui a vécu la guerre de 39 45 à Trets


La provence 28 aout 2009

Nouveau récit de la Libération et des actes de résistances, un article très interressant

La Provence 23 aout 2011

 

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